Stade 1 — La garde à vue et la retenue douanière

En matière de stupéfiants, la garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures et l'intervention de l'avocat peut être différée (articles 706-73 et 706-88 du Code de procédure pénale). Lorsque les douanes interviennent, une retenue douanière précède souvent la garde à vue.

Les premières déclarations pèsent sur tout le dossier. L'avocat définit avec son client l'usage du droit au silence, vérifie la notification des droits, la présence d'un interprète, la régularité des prolongations et les conditions de l'interpellation. Une irrégularité à ce stade peut faire tomber la suite de la procédure : c'est sur un vice de procédure soulevé par la défense que des prévenus ont été remis en liberté dans un dossier de surveillance douanière jugé à récemment (L'Union).

Stade 2 — La comparution immédiate

Pour les flagrants délits de détention, de transport ou de cession, le parquet choisit souvent la comparution immédiate. C'est le cas, au tribunal de Bobigny, des passeurs interpellés à l'aéroport de Roissy.

Le prévenu peut refuser d'être jugé le jour même. Comme le trafic est puni de dix ans, le renvoi est alors fixé entre deux et quatre mois (article 397-1 CPP), avec un risque de détention provisoire dans l'intervalle. Accepter ou refuser se décide en quelques minutes, après lecture du dossier : [voir notre article sur la comparution immédiate à Paris, Bobigny et Nanterre].

Stade 3 — La CRPC (plaider-coupable)

La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (articles 495-7 à 495-16 CPP) permet, lorsque les faits sont reconnus, de négocier la peine avec le procureur. La peine d'emprisonnement proposée ne peut dépasser trois ans ni la moitié de la peine encourue (article 495-8 CPP), puis elle doit être homologuée par un juge.

L'avocat est obligatoire. Son rôle : évaluer si la CRPC est réellement plus favorable qu'un procès, discuter le quantum, le sursis, l'aménagement immédiat de la peine et les confiscations. Le prévenu peut demander un délai de dix jours pour réfléchir. La CRPC peut aussi intervenir en fin d'instruction (article 180-1 CPP).

Stade 4 — L'instruction et la détention provisoire

Les dossiers d'envergure sont confiés à un juge d'instruction, souvent au sein d'une juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) et, depuis la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, sous l'impulsion du Parquet national anticriminalité organisée (PNACO).

C'est le stade où la défense a le plus de prise :

  • Le statut : obtenir le statut de témoin assisté plutôt qu'une mise en examen.
  • La détention provisoire : en matière de trafic, elle peut atteindre deux ans pour un délit et quatre ans pour un crime (articles 145-1 et 145-2 CPP). Demandes de mise en liberté, contrôle judiciaire, bracelet électronique, appels devant la chambre de l'instruction.
  • Les nullités : écoutes, géolocalisation, sonorisations, messageries chiffrées (EncroChat, Sky ECC), perquisitions, procès-verbal distinct créé par la loi de 2025. La requête doit être déposée dans les six mois de chaque interrogatoire (article 173-1 CPP).
  • Les demandes d'actes : expertises (pesée, taux de pureté, ADN), auditions, confrontations, exploitation de téléphonie (article 82-1 CPP).
  • Le patrimoine : contester les saisies de comptes, véhicules et biens immobiliers, protéger les proches de bonne foi.

Une instruction peut se terminer par un non-lieu. Le client peut alors être indemnisé de la détention provisoire subie, comme l'a obtenu le cabinet devant la Commission nationale de réparation des détentions (Cour de cassation).

Stade 5 — Le procès et l'appel

Les délits sont jugés par le tribunal correctionnel, les crimes par une cour d'assises spécialement composée de magistrats professionnels, sans jurés (article 706-27 CPP). Les procès de réseaux réunissent parfois plusieurs dizaines de prévenus : il faut alors défendre la place exacte de son client.

Les leviers sont la qualification (un transporteur n'est pas un organisateur, une « nourrice » n'est pas un importateur), la bande organisée, la preuve matérielle, et la personnalisation de la peine. Le délai d'appel est de dix jours (article 498 CPP).

Stade 6 — L'exécution de la peine

Après condamnation, l'avocat sollicite les aménagements possibles devant le juge de l'application des peines : détention à domicile sous surveillance électronique, semi-liberté, libération conditionnelle. Il assiste aussi les personnes détenues dans leurs recours contre les décisions de l'administration pénitentiaire.

FOCUS Saisies en mer : Martinique, Guadeloupe, Polynésie

Les interceptions de voiliers, go-fast et cargos en haute mer obéissent à un régime propre : convention de Vienne de 1988 (article 17), loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 et articles L. 1521-1 et suivants du Code de la défense. Légalité de l'arraisonnement, accord de l'État du pavillon, durée de la privation de liberté à bord, contrôle par un juge : autant de points que la défense examine en premier. La Cour européenne des droits de l'homme a déjà condamné la France sur ce terrain (CEDH, Grande chambre, Medvedyev et autres c. France, 29 mars 2010).

Ces dossiers à la tonne impliquent souvent des équipages étrangers, des juridictions ultramarines éloignées et des détentions longues. Le cabinet y intervient depuis Paris et sur place. Ces dossiers sont généralement instruits auprès des pôles JIRS du Tribunal, dommaine dans lequel le cabinet de Maximilien FOURT intervient quotidiennement.

Le cabiet dispose en la matière d'une expérience reconnue (Voir les affaires traitées par le cabinet)

Dossiers internationaux et ressortissants étrangers

Mandats d'arrêt européens, extraditions, commissions rogatoires internationales : le trafic de stupéfiants est par nature transfrontalier. Maître Fourt défend régulièrement des ressortissants américains, britanniques, colombiens, espagnols et japonais, en français, en anglais et en espagnol, en lien avec les familles et les consulats.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une garde à vue pour trafic de stupéfiants ? Jusqu'à 96 heures (article 706-88 CPP).

Faut-il parler en garde à vue ? Cela dépend du dossier. Le droit de se taire est garanti ; la stratégie se définit avec l'avocat dès le premier entretien.

Faut-il accepter une CRPC ? Pas systématiquement. La peine proposée doit être comparée à ce que l'on peut obtenir à l'audience, au regard des nullités et des faiblesses du dossier.

Que risque-t-on pour transport de stupéfiants ? Jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 7 500 000 € d'amende (article 222-37 CP), davantage si l'importation ou la bande organisée sont retenues.

Peut-on bénéficier d'une réduction de peine en coopérant ? Le statut de « repenti » (article 132-78 CP) peut conduire à une exemption ou une réduction de peine. C'est une décision lourde, qui exige un conseil spécialisé.

Les biens de ma famille peuvent-ils être saisis ? Oui, dans certaines conditions (articles 131-21 et 222-49 CP). Les tiers de bonne foi disposent de recours.

Contact

Cabinet de Maître Maximilien Fourt — 43 rue Condorcet, 75009 Paris. Intervention devant toutes les juridictions de France métropolitaine et d'outre-mer, JIRS et cours d'assises spéciales. 06 58 22 68 80 (urgences 24h/24) — maximilien@fourt-avocat.com

Références : articles 222-34 à 222-49, 131-21 et 132-78 du Code pénal ; L. 3421-1 du Code de la santé publique ; articles 82-1, 145-1, 145-2, 173-1, 180-1, 397-1, 495-7 à 495-16, 498, 706-27, 706-73 et 706-88 du Code de procédure pénale ; loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 ; CEDH, GC, Medvedyev c. France, 29 mars 2010.

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